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Monuments - Khelifi Ahmed

Monuments – Khelifi Ahmed
Nom de l'artisteKhelifi Ahmed
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Monuments – Khelifi Ahmed

Issu d’une famille paysanne aisée des Ziban, propriétaire d’une palmeraie, instruit à l’ école coranique, le jeune homme est initié au chant et à la poésie populaire par son oncle maternel Hadj Ben Khelifa, meddah; un des plus anciens chanteurs du genre saharien qui avait, en 1933, enregistré avec grand succès chez Anouar et Bachir Essaïssi en Tunisie une chanson sur l’héroïne de Mohamed Ben Guittoun, Hiziya. Il introduisit son neveu dans la chorale de la confrérie Rahmania qu’il dirigeait et lui permit de participer aux soirées qu’il animait dans la région de Messaad et Biskra et cela jusqu’en 1939.

C’est le nom de son oncle que Ahmed Abbas Ben Aïssa va prendre pour nom de scène; Khelifi Ahmed.

Suite à une période de sécheresse de plusieurs années ayant entrainé la ruine de la famille et la vente du patrimoine , le jeune Khelifi, réduit à la misère, émigra en 1941 et se réfugia chez une de ses sœurs à Ksar Chellala. Là il fit une rencontre décisive, celle de Djerbi, menuisier de son état qui l’engagea comme apprenti et le fit vivre au milieu de sa famille. Un des fils, joueur de mandoline, l’entraîna, en raison de ses dispositions pour le chant, dans les soirées intimes que les jeunes organisaient dans la région, développant ainsi son goût pour la musique. C’est dans cette famille qu’il viendra prendre femme, plus tard, en 1951.

En 1943 Khelifi Ahmed, monte à Alger, recommandé auprès d’un religieux, conservateur de la mosquée de Sidi M’Hamed à Belcourt (Belouizdad aujourd’hui), qu’il assistera lors de la réception des pèlerins et participant toujours aux soirées de Med’h (chant religieux) lors des fêtes et cérémonies religieuses.

Boudali Safir, directeur artistique de Radio-Alger, instruit du talent du jeune homme par la rumeur publique, lui fait appel, en 1947, afin de lui confier l’orchestre bédouin qu’il avait créé. Khelifi fait sa première émission avec Abdelhamid Ababsa au piano et lors des émissions suivantes il s’adjoint un ami qu’il connut lors des quatre années passées à Sidi M’Hamed, Sid Ali Touil, bon luthiste et connaisseur du Med’h.

C’est en 1949 qu’il se lance dans la musique typique du Sud avec l’emploi des flûtes et son fameux « Ayèye Ayèye ! ». Cette année là il débute une tournée en Algérie avec la troupe d’Abdelhalim Raïs; tournée interrompue à Bône (Annaba) sur ordre de l’administration coloniale. Khelifi Ahmed se réfugie à Constantine auprès de la confrérie Kettania.

En 1952 il collabore à l’émission Min koul féne chouiya de Mohamed el Habib Hachelaf. Il enrichit son répertoire et certaines de ses interprétations des poèmes des maîtres du passé connaissent un grand succès, tout particulièrement Guelbi tfekkar ourban rahallade Cheikh Aïssa Ben Allal. Il participe également à une émission voisine Badawi Âsri qui était une tentative de modernisation du genre saharien, animée par Rahab Tahar et à laquelle participe également un orchestre moderne sous la direction de Mustapha Skandrani.

Khelifi Ahmed devient dès l’indépendance une vedette nationale très courtisée par les medias, s’imposant comme le maître incontesté du Ayèye Ayèye. En 1966 il reçoit le Prix de la chanson traditionnelle pour la maîtrise parfaite et l’interprétation superbe d’une œuvre très connue, Qamr Ellil d’Abdellah Benkerriou.

Il participe à la semaine culturelle algérienne à Paris en 1972 ainsi qu’à plusieurs représentations à travers le monde arabe. Le Maître décroche des distinctions des hautes autorités des états visités ainsi que des institutions spécialisées en matière de préservation et de développement du patrimoine populaire.

Il se retire de la scène artistique à partir de 1989 après avoir participé à la première semaine culturelle organisée en Arabie Saoudite en décembre 1987 ainsi qu’à une grande tournée artistique organisée au Maroc en juillet 1988.

Dans le cadre de la manifestation « Alger, capitale de la culture arabe 2007 » le Ministère de la Culture lui consacre un coffret de 10 CD ainsi qu’un livre reproduisant la plupart des œuvres qui ont fait sa célébrité; cette publication a été conçue et réalisée par Abdelkader Bendamèche; et organise un hommage à la salle Ibn Khaldoun à Alger le 15 décembre 2011, reconnaissance publique pour la dimension de sa personnalité et pour son apport au patrimoine immatériel national algérien.

 

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